4.4.1

Naserümpfen über die Unersetzlichen

Die heutige Gerbergasse südlich der Altstadt erinnert an ein Gewerbe, das längst aus Biel verschwunden ist. Entlang der Schüss in der Altstadt siedeln sich nach der mittelalterlichen Stadtgründung Gerber an. 1770 sind es 26 Betriebe. Die Gerber verarbeiten tierische Häute zu Leder. Dazu benötigen sie viel Wissen, viel Zeit und noch viel mehr Wasser. Je nach Beschaffenheit des Fells (Grossvieh- oder Kleinviehhäute) und nach Gerberart (Rot- bzw. Lohgerberei und Weissgerberei) werden die Häute gesalzen, eingeweicht, geäscht, enthaart und entfleischt, gespalten, entkalkt, gebeizt, in Gerbflüssigkeit gelegt, abgewelkt, gefalzt, gefettet, getrocknet und aufgespannt. Bei fast allen diesen Schritten ist der Gerber auf Wasser angewiesen. Kesselweise füllt er seine Fässer und Gruben mit frischem Schüsswasser. Die Zwischenprodukte muss er häufig auswaschen. Er tut dies direkt in der Schüss, so dass die Abfallprodukte rasch abfliessen.
Das Handwerk der Gerber ist im gewerblichen Kreislauf des mittelalterlichen und neuzeitlichen Biels zentral. Von den Metzgern erhalten sie die Tierhäute. Die gegerbten Felle geben sie zur Weiterverarbeitung an die Schuhmacher, Buchbinder und andere Handwerker weiter. Die Gerber sind deshalb im wirtschaftlichen Gefüge unersetzlich. Trotzdem sorgt das einträgliche, wasser- und geruchsintensive Handwerk bei den Zeitgenossen häufig für Neid, rote Köpfe und Naserümpfen.

Um 1900 schliesst an der damaligen Wisengasse die letzte Gerberei. Der Geruch der Gerberei verfliegt, und die Schüss wird an der später umbenannten Gerbergasse zugedeckt.

Rot markiert sind Häuser, die sich um 1800 im Besitz von Gerbern befinden. Da sich die allermeisten Liegenschaften am Wasser befinden, geht man davon aus, dass in den jeweiligen Häusern auch gegerbt wird.
Recherche: Dr. Margrit Wick-Werder
Hersteller/-in / Künstler/-inJean Christoph Heilmann
GegenstandBibel
TitelSainte Bible et le Nouveau Testament [Die Heilige Bibel und das Neue Testament]
Datierung1760
MaterialPapier
TechnikDruck, Buchbinderei
Eigentümer/-inNMB Neues Museum Biel
GegenstandFeuereimer / Wassereimer
TitelFeuerlöschkübel
Datierung1815
MaterialLeder
TechnikGerber- und Sattlerarbeit
Eigentümer/-inNMB Neues Museum Biel
GegenstandFragmente von Lederschuhen
Datierung14. Jahrhundert
MaterialLeder
Eigentümer/-inArchäologischer Dienst des Kantons Bern

Wie viele andere Abfälle aus Gewerbe und Haushalt landeten diese abgetragenen Schuhe im mittelalterlichen Burggraben – unter dem heutigen Rosiusplatz. Es ist durchaus möglich, dass das Leder aus einer der Gerbereien unten an der Schüss stammt.

Hersteller/-in / Künstler/-inJörg Müller
GegenstandReproduktion
TitelAuswaschen der Felle im Gewässer
MaterialLeinwand
TechnikAcryl
Eigentümer/-inJörg Müller
Rekonstitution einer mittelalterlichen Szene
Hersteller/-in / Künstler/-inJürg Zeller Jürg, Jean-Jacques Rousseau
TitelDer Duft der Gerberviertel im Mittelalter
Datierung2021

Zitat von Jean-Jacques Rousseau. Er erinnert sich in seinem autobiographischen Werk Confessions (1782–1813) an seine Unterkunft bei einem Gerber in Biel.

Der Gerberstoff, den Sie riechen, stammt aus der Gerberei Zeller in Steffisburg (BE). Jürg Zeller führt die 1837 gegründete Gerberei am Mühlebach in vierter Generation. Der Betrieb ist einer der fünf verbliebenen Gerbereien in der Schweiz. Abnehmer der hochwertigen Felle sind vor allem Sattler, Trommelbauer oder Kleiderhersteller. In der Gerberei nimmt man verschiedenste Gerüche wahr, von demjenigen der angelieferten Felle mit Haaren und Fleischresten bis hin zum verarbeiteten Leder. Jörg Zeller kommentiert den Geruch in seiner Gerberei wie folgt: «Manchmal riecht es hier schon auch streng – aber das ist alles Ansichtssache.»

Producteur/productrice / artisteJean Christoph Heilmann
ObjetBible
TitreSainte Bible et le Nouveau Testament
Datation1760
MatièrePapier
TechniqueImpression, reliure
PropriétaireNMB Nouveau Musée Bienne
ObjetSeau d’eau
TitreSeau à incendie
Datation1815
MatièreCuir
TechniqueTannerie, travail de sellerie
PropriétaireNMB Nouveau Musée Bienne

L’actuelle rue des Tanneurs, dans le périmètre sud de la vieille ville, témoigne d’une industrie qui a disparu de Bienne depuis fort longtemps. Elle était jadis établie dans ce secteur, le long de la Suze, après la création de la ville médiévale. En 1770, celle-ci comptait 26 tanneries. Les tanneurs transformaient des peaux d’animaux en cuir, ce qui nécessitait tout un savoir-faire, beaucoup de temps et encore beaucoup plus d’eau. Selon le type de peau, provenant de gros ou de petit bétail, et de procédé, tannage blanc ou rouge, chamoisage, les peaux sont salées, trempées, lessivées, pelanées et écharnées, fendues, déchaulées, décapées, plongées dans un bain de tan, roulées, pliées, graissées, séchées et étirées. Ces étapes nécessitent pratiquement toutes de l’eau. Le tanneur puisait dans la Suze des seaux qui remplissaient ses fosses et ses tonneaux. Les produits intermédiaires devaient être fréquemment lavés, ce qui s’effectuait directement dans la Suze afin que les déchets s’écoulent rapidement.

Le rôle du tanneur était central dans la vie économique de la Bienne médiévale et moderne. C’est le boucher qui fournissait les peaux. Les peaux tannées étaient ensuite transmises aux cordonniers, aux relieurs et à d’autres artisans pour un traitement ultérieur. Malgré son caractère irremplaçable, ce métier lucratif, qui employait beaucoup d’eau et dégageait de fortes odeurs, a souvent suscité la jalousie, la grogne et la répulsion parmi la population.

La dernière tannerie de Bienne a fermé ses portes en 1900 à la rue des Vergers de l’époque. Les odeurs ont disparu, la Suze a été canalisée sous terre et la rue rebaptisée en rue des Tanneurs.

Les propriétaires des maisons marquées en rouge étaient des tanneurs vers 1800. Comme la grande majorité des propriétés se trouvent au bord de l’eau, on suppose que les tanneurs y exerçaient également leur métier.
Recherche: Dr Margrit Wick-Werder
ObjetFragments de chaussures en cuir
Datation14e siècle
MatièreCuir
PropriétaireService archéologique du canton de Berne

Comme tant d’autres déchets ménagers et artisanaux, ces chaussures usagées ont terminé leur vie dans les douves du château médiéval, sous l’actuelle place Rosius. Il se pourrait tout à fait que le cuir provienne de l’une des tanneries établies au-dessous, au bord de la Suze.

Producteur/productrice / artisteJörg Müller
ObjetReproduction
TitreLavage des peau dans la rivière
MatièreToile
TechniqueAcrylique
PropriétaireJörg Müller
Reconstitution d’une scène médiévale
Producteur/productrice / artisteJürg Zeller Jürg, Jean-Jacques Rousseau
TitreL’odeur des quartiers des tanneurs au Moyen Âge
Datation2021

Citation de Jean-Jacques Rousseau tirée de son ouvrage autobiographique Les Confessions (1782-1813). Il évoque ainsi son séjour chez un tanneur à Bienne.

La matière tannante que vous sentez provient de la tannerie Zeller à Steffisburg (BE). Jürg Zeller représente la quatrième génération à la tête de cette tannerie créée en 1837 au bord du Mühlebach. Elle est aujourd’hui l’une des cinq dernières tanneries de Suisse. Les clients de ces peaux de grande qualité sont principalement des selliers, des fabricants de tambours ou de vêtements. De multiples odeurs émanent des tanneries, celles des peaux fournies avec des poils et des restes de chair jusqu’au cuir transformé. Concernant sa tannerie, Jörg Zeller les décrit ainsi: «Parfois, il règne effectivement une certaine puanteur ici – mais tout est une question de point de vue.»